Antonin Delpeuch | Vlog | Flattr : enfin une plateforme de dons efficace ?

Flattr : enfin une plateforme de dons efficace ?

Antonin Delpeuch —

Je ne connaissais pas Flattr — dont le nom sonne très « web », non ? — un nouveau service proposant une nouvelle approche des dons aux associations (principalement les projets FLOSS à ma connaissance). Leur pari : proposer aux quidams de s’inscrire en choisissant un prélèvement mensuel (versé au site en question), et de répartir ensuite ce montant aux projets que la personne a sélectionnés pendant chaque mois, via cette plateforme.

Et c’est plutôt bien vu, je trouve, puisque la question de la rétribution est toujours assez épineuse dès qu’on parle de modèle de diffusion libre ou permissif : un sujet qui revient souvent quand j’essaye de décrire le mouvement du logiciel libre à des personnes qui font surtout la différence entre logiciel gratuit et payant. Pour décrire un « business-model » crédible, on peut toujours convoquer l’honnêteté et la responsabilité des internautes, ou accorder un rôle à la publicité, aux partenaires publics ou privés, mais c’est rarement très convaincant à mon goût. Même si Mark Shuttleworth ne tire pas sa fortune d’origines louches, c’est toujours délicat de dire qu’Ubuntu est financée par un milliardaire sud-africain (dans le sens où ce n’est pas un modèle généralisable, et qu’il donne une image biaisée du développement de projets libres).

Le problème est très bien résumé sur le Framablog, qui lance régulièrement des campagnes de dons (pour couvrir les frais du réseau Framasoft dans son ensemble, en fait). L’article date un peu mais le propos reste valable : le bouton « don » qui est décrit ici ressemblerait bien à celui de Flattr…

L’argument du service est intéressant : comme vous payez chaque mois la même somme, donner à un projet ne vous coute rien (la somme que vous payez sera juste répartie sur plus de projets). Et donner 20 centimes devient possible, ce qui n’est pas vraiment le cas actuellement. On peut donc espérer que l’acte de don puisse se banaliser et se généraliser, même pour des montants faibles. Ce serait assez formidable, d’ailleurs, puisque le phénomène montrerait bien qu’Internet n’est pas seulement inadapté aux anciennes règles de rétribution des auteurs, mais qu’il peut aussi faire apparaitre des nouvelles solutions.

Bon, alors ceci dit, le modèle n’est pas encore parfait : le site prélève bien entendu une commission sur les dons, qui s’élève à 10%. C’est limite, je trouve, d’autant plus que le service se pose en alternative à Paypal, chez qui les commissions sont bien moins élevées. Mais le concept me semble vraiment intéressant.